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Rencontre avec Alice, fondatrice de Maison Alfa

20 mars, 2020

Rencontre avec Alice, fondatrice de Maison Alfa

Pour l'interview de cette semaine, nous avons rencontré Alice, la fondatrice de Maison Alfa, une marque made in Lyon de vêtements écoresponsables qui a pour mission de lutter contre le gaspillage textile ! ✨🇨🇵 Alice nous parle à coeur ouvert des difficultés qu'elle a dû surmonter en perdant ses associés, de comment Alfa s'est retrouvé à faire de l'upcycling et de ses projets.

Qu’as-tu fait avant de lancer Alfa ?

J’ai lancé Alfa en 2016, seulement une année après ma sortie d’études. J’ai d’abord fait un bac pro métier de la mode à Clermont Ferrant où j’ai appris à coudre, à connaître les différents tissus et à appréhender l’aspect technique du vêtement. Ensuite, j’ai poursuivi mes études en BTS design de mode à l’école de Condé à Lyon. Cela m’a permis de découvrir l’aspect créatif. Après ces deux formations, je savais coudre et créer alors j’ai foncé et j’ai décidé de sauter directement dans l’entreprenariat. Je n’avais pas peur de créer ma marque, j’étais jeune, je me disais que ce serait une belle aventure et qu’au pire je reprendrai mes études où je travaillerai pour quelqu’un d’autre. Et finalement, j’y ai pris goût et cela fait 3 ans qu’Alfa existe !

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour lancer Alfa après tes études ?

Je n’ai pas rencontré de difficultés spécifiquement au lancement mais plutôt en cours de route. Nous avons créé l’entreprise à deux – Fanny et moi-même. On avait des étoiles plein la tête, on avait 21 ans et tout est allé assez vite. Nous avons été diplômées en 2015, monté Alfa en 2016 et lancé notre première collection en 2017. En un an, nous avons imaginé notre concept, rédigé nos statuts, recherché des fournisseurs et dessiné une première collection. Puis, il y a eu Yohann, un ami d’enfance qui nous a rejoint. Il avait une formation commerce et apportait l’aspect business qui manquait à l’entreprise. Finalement, Fanny a préféré partir et suivre d’autres horizons. Je me suis retrouvée avec Yohann et notre duo marchait bien. Il avait la partie administrative et je gérais la confection et la création. Malheureusement, Yohann a eu une opportunité à l’étranger et a fini par partir aussi.

Je gère donc la marque toute seule depuis un an et ça n’a pas été facile. Au départ de Yohann, j’ai eu peur, j’ai même failli arrêter. Les chiffres n’étaient pas mon fort et je redoutais de m’occuper de la partie financière. J’ai décidé de m’accrocher et j’ai cherché à être accompagnée. Aujourd’hui, j’ai reçu de l’aide, j’ai été formé et pour rien au monde je laisserai de côté les chiffres (rires) !

Est-ce que tu rêvais déjà d’être créatrice étant petite ?

Quand j’étais petite, j’étais un vrai cancre ! Je n’étais pas très scolaire mais plutôt manuelle. Ce dont je me souviens c’est que j’adorais me déguiser et jouer avec mes vêtements. Je me suis souvent projetée dans la mode mais je ne savais pas si j’allais vraiment en faire mon métier. Je pratiquais la gym à haut niveau et je fabriquais les tenues pour mon équipe, j’ai commencé à les vendre, c’était un premier petit commerce (rires) ! Et à cet âge-là, je me disais que je pourrai vivre de ça.

Comment décrirais-tu Alfa aujourd’hui ?

Alfa c’est une marque qui fabrique en France de beaux vêtements écoresponsables. Nous avons pour mission de lutter contre le gaspillage dans l’industrie textile. On essaye de proposer une alternative à la fast fashion qui soit respectueuse de l’humain et de l’environnement. 

Pourquoi avoir choisi le côté français et upcyclé ?

Nous étions très peu sensibilisés aux problématiques environnementales en école. Le made in France commençait à être mis en avant mais ce qu’on nous disait surtout c’était de trouver du tissu le moins cher possible, de fabriquer le moins cher possible et de faire de grosses marges ! 

Toutefois, ce que nous voulions absolument était de coudre nos propres vêtements, il était hors de question de les faire fabriquer par quelqu’un d’autre et à l’autre bout du monde. Le local était notre priorité. Ensuite, en tant que consommatrice, j’ai toujours eu du mal à supporter des matières comme le polyester. Nous avons donc commencé avec des matières naturelles.  Malheureusement, nous ne vendions pas beaucoup et il a fallu faire des économies sur les matières premières. Nous avons trouvé un fournisseur qui proposait des fins de rouleaux et c’est comme ça qu’on a commencé à faire de la récup ! Il s’est avéré qu’on avait un réel impact en faisant des vêtements upcyclés, on a donc décidé de continuer dans cette direction !

Aujourd’hui, comment sont fabriqués tes vêtements ?

Les vêtements sont fabriqués par Jennifer dans un atelier à Lyon à base de chute de tissus récupérés et revalorisés. Jennifer s’occupe de faire les premiers prototypes, les gradations, la coupe et la confection. Au début, on produisait uniquement à la commande. Mais il est devenu nécessaire d’anticiper un minimum. On connaît maintenant notre volume de ventes récurrents donc nous sommes passés en mini-séries. C’est un socle de base qui nous permet de ne pas trop produire et de ne pas avoir un stock dormant. 

Au quotidien, que fais-tu pour avoir un quotidien responsable ?

Je m’habille majoritairement avec de la seconde main ou avec des marques éthiques. Je suis passée aux courses en vrac et j’essaye de favoriser au maximum le zéro déchet. Je jette très peu et j’essaye toujours de réparer et de récupérer le moindre objet ! J’ai pris ce côté-là de maman qui réutilise absolument tout. J’apprécie fabriquer les choses de mes mains et les réutiliser au maximum. C’est un peu la même philosophie d’Alfa : utiliser ce qui existe déjà !

Qu’est-ce qu’Alfa t’aura appris sur toi ?

Que j’étais capable de beaucoup de choses ! (rires) J’ai pris conscience de ma capacité à avancer et rebondir. Je me suis servie de mes échecs pour m’améliorer et je ne me suis jamais avouée vaincue ! Aujourd’hui, je me sens plus persévérante, plus forte. Ces trois années m’ont fait beaucoup grandir. 

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui souhaite se lancer ?

Mon principal conseil serait de ne jamais rester seul avec ses idées et de toujours essayer d’être accompagné. Il faut trouver des personnes pour valider son idée, la confronter et l’améliorer. Il est très important de développer son réseau.

Quel a été ton plus beau souvenir avec Alfa ? 

Ma première vente privée ! Yohann venait de partir, j’avais peur de l’organiser et de me confronter aux clientes mais se fut une vraie réussite ! J’avais repris les choses en main, j’ai affronté mes peurs et j’ai été très fière de moi !

Quels sont tes projets à venir avec Alfa ?

Faire grandir Alfa ! J’aimerais embaucher plus de personnes et travailler avec un atelier d’insertion. Je réfléchis également à un système pour permettre de mieux recycler nos vêtements. Nous fabriquons nos vêtements avec des chutes de tissus mais nous ne savons pas comment ils finissent. J’aimerais pouvoir les récupérer et les réparer pour créer un circuit de seconde main avec nos propres produits.

Comment vois-tu la mode dans 10 ans ?

On assiste à une véritable prise de conscience. Les français font plus attention à ce qu’ils consomment et de plus en plus de marques éthiques voient le jour. J’espère qu’à terme on produira moins de vêtements et que les différents acteurs de la mode feront des efforts pour proposer des alternatives durables et réparables. Après, je ne souhaite pas non plus que la mode meurt et que tout le monde ne porte que des t-shirts blancs et des jeans ! Je souhaite qu’il y aura encore de la place pour la créativité.

Pour découvrir les pièces upcyclées d'Alfa, c'est par ici.


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