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Rencontre avec Annabelle, créatrice de Matière Brute

22 janvier, 2019

Rencontre avec Annabelle, créatrice de Matière Brute

Cette semaine, Annabelle nous raconte la création de Matière Brute, son parcours original et nous partage ses astuces beauté et éco-responsables.

Quel a été ton parcours avant de créer Matière Brute ?

Je viens de la campagne du sud-ouest, un lieu qui me permet de me ressourcer. J’ai fait des études en management international puis un master à science po Bordeaux. Après avoir travaillé quelques années dans le secteur de la responsabilité sociétale des entreprises, j'ai ressenti le besoin de renouer avec quelque chose de très concret et d’obtenir un diplôme dans l’agriculture. 

Aujourd’hui, ce diplôme me permet d’acquérir des terres agricoles pour pouvoir produire mais m’a surtout apporté un bon socle de connaissances sur les méthodes culturales notamment la bio et la biodynamie. Quand on sait de quoi on parle, cela facilite énormément la communication avec les agriculteurs, qui sont mes interlocuteurs au quotidien.
Je voulais une grande part de responsabilité, créer quelque chose qui respecte l’homme et l’environnement, prôner le renouveau. Je me suis d’abord intéressée au secteur du textile. J’ai commencé à créer des pantalons demi-mesure avec des tissus de fin de stock. J’ai employé des anciennes culottières et on travaillait sur des productions en circuit court. Au fur et à mesure que j’avançais, je me suis rendue compte que le secteur du textile était bouché. J’ai alors complètement changé de cap !

Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de créer Matière Brute ?

Avec Matière brute, je me suis rendue compte que je pouvais vraiment avoir un impact sur la santé des gens : notamment sur les perturbateurs endocriniens.
En 2014, mon compagnon crée un magasin de produits frais, bio, de saison en direct de chez les producteurs. J’ai donc la chance de savourer tous les jours de bons ingrédients de saison, qui ont du goût et qui me permettent de me sentir bien dans ma peau.  Il me vient alors l’idée de regarder concrètement ce que je me mets sur la peau d'autant plus que je suis enceinte. J’ai commencé à regarder les INCI et j’ai découvert qu’il y avait énormément d’ingrédients dont je n’avais pas besoin et qui pouvait être mauvais pour ma peau et l’environnement ! J’ai rencontré plein de gens et j’ai commencé à rêver de nourrir ma peau aussi bien que je me nourrissais de l’intérieur. Les ingrédients de saison et locaux, c’est venu du bon sens paysan : j’ai étudié les besoins de la peau par saison et ce sont des éléments qu’on retrouve dans les plantes qui poussent à ces saisons. La nature est très bien faite !
Je suis allée voir des laboratoires, des ingénieurs chimistes, des herboristes en leur présentant mon concept et petit à petit, tout s’alignait. Je suis allée voir des sous-traitants et là on m’a répondu qu’il était impossible d’avoir des matières vivantes ni d’obtenir des cosmétiques sans conservateur.
Si on prend l’exemple d’un macérât huileux de carottes : on fait infuser une carotte dans une huile pendant 40 jours au soleil pour préserver la matière active vivante. Les laboratoires me proposaient de le faire en 4h en chauffant à haute température, ils gagnent du temps mais toutes les molécules sont cassées et à part la couleur, il reste très peu de molécules actives dans le macérât.
Face à ces refus, j’ai décidé de créer un laboratoire qui respecterait le cahier des charges dont je rêvais : des formules respectueuses de la santé et de l’environnement et cela sans compromis. Laurie, ingénieur chimiste « alchimiste » est arrivée en juin 2016 pour m’aider à répondre aux normes du secteur de la cosmétique. Aujourd’hui Elisa, ingénieure agronome « botaniste » est responsable de tout l’approvisionnement et m’accompagne dans le développement de Matière Brute.

Quelle est ta mission à travers ce projet ?

Ma mission est d’aider les gens à se sentir bien dans leur peau et cela naturellement et durablement. On a tous connu des périodes où on a eu une peau plus ou moins rayonnante et c’est une vraie préoccupation. Il faut être au courant des effets des crèmes, de l’alimentation et de l’hygiène de vie en générale sur la peau afin de pouvoir en prendre soin dans le temps.

Y-a-t-il un message que tu souhaites transmettre à travers tes produits ?

Se sentir bien dans sa peau n’est pas réservé qu’à des mannequins photoshopés. J’ai envie d’accompagner les gens à reprendre la main sur la santé de leur peau tout en respectant l’environnement. Pour ceux qui ne savent plus quoi chercher, je souhaite que les soins Matière Brute soient une alternative simple et de bon sens. Il faut regarder la composition des produits et essayer de comprendre ce qu’on se met sur la peau. Simplifier son geste mais adopter le bon.

En quoi Matière Brute est éco-responsable aujourd’hui ?

Les formules sont faites à base d’ingrédients frais, bio, de saison, sélectionnés en France en circuit court. Nous avons supprimé tous les produits chimiques donc ce qui se retrouve dans l’environnement (pendant la douche par exemple) est « propre ».  Il n’y a pas d’emballage secondaire. Nos étiquettes biodégradables sont fabriquées en France.  En revanche, puisque nous utilisons aucun conservateurs (huiles essentielles comprises), nous avons besoin d’emballage airless. A ce jour, malgré nos recherches poussées, ces derniers sont en plastique. A l’heure actuelle, il n’existe pas de packaging « airless » biodégradable français qui corresponde à notre fonctionnement artisanal. C’est donc un de nos axes d’amélioration ! Pour ce qui ne demande pas de conservateurs, nos emballages sont en verre et en bois. Nous avons fait fabriquer des pochons réalisés à la main avec des tissus recyclés par une entreprise artisanales française. Le papier que nous utilisons est recyclé et l’encre végétale. Nos cartes de visites sont en papier biodégradable ensemencé avec des graines des champs qui participeront à fleurir notre environnement. Nous travaillons exclusivement avec des fournisseurs français pour limiter les transports et pour promouvoir à notre échelle des emplois en France. Nous collaborons avec des fournisseurs qui investissent dans des sources d’énergies renouvelables pour assurer, par exemple, une partie du fonctionnement de leur entrepôt bureaux et services. Actuellement nous faisons de la R&D sur un produit innovant : nous travaillons sur la valorisation d’un déchet végétal et on va tout faire pour ne pas utiliser d’emballage plastique. Enfin, une partie de notre rémunération variable est basée sur un objectif de réduction des déchets. Cela nous pousse à nous dépasser et à trouver des solutions innovantes pour réduire notre impact.

Quel est le processus de fabrication des produits ?

Bien souvent, un an à l’avance, nous travaillons étroitement avec nos producteurs sur le calendrier de plantation saisonnier pour anticiper la culture des plantes dont nous aurons besoin l’année suivante. La récolte est manuelle, et pour certaines plantes la cueillette sauvage est même pratiquée. Une fois que les plantes ont été récoltées, on les distille ou on les presse. On reçoit la matière première fraiche dans notre laboratoire. Lorsque nous avons une commande de Jours à Venir par exemple, nous fabriquons et nous envoyons ensuite aux clients. Toutes les méthodes d’extraction sont traditionnelles : première presse à froid etc. Nous faisons très attention à avoir le plus d’activité dans nos matières premières, on adapte nos méthodes d’extraction et nos méthodes de production en fonction de cela. Quand on travaillera sur de plus gros volumes on travaillera avec des ateliers d’insertion.

C’est quoi Matière Brute en 3 mots ?

Les primeurs de la cosmétique : essentiel, frais et de saison !

Si Matière Brute était une ville, quelle serait-elle ?

La ville d’Ecotopia, c’est inspiré d’un livre écrit en 1975. Je l’ai adoré ! 

Si Matière Brute était une musique, quelle serait-elle ?  

Une différente à chaque saison…
Pour l’été je dirais Moments d'Hypnotics Brass Ensemble. 

Quel est ton produit favori, celui dont tu ne te sépares jamais ?

Les Crèmes de Soin de saison ! C’est le soin qui regroupe tout : hydrate, nourrit, rééquilibre la peau en fonction des besoins de la peau au fil du temps.

Ton plus grand projet à venir ?

Que matière brute sorte de la phase de R&D et devienne une marque de référence en France ! On essaye de développer une crème solaire qui soit bonne à la fois pour la peau et pour les coraux. 

Un conseil beauté ?

Se nettoyer la peau le soir car c’est pendant la journée qu’on s’expose le plus généralement. Nourrir sa peau, même les zones grasses et utiliser des produits qui ne soit ni agressif ni desséchant. Observer son hygiène de vie et ce qui impacte la qualité de sa peau. Et enfin faire des grimaces : c’est le meilleur remède minimaliste antirides !

3 bonnes adresses éco-responsables à partager ? 

La récolte, l’épicerie de mon mari qui propose des produits frais, de saison et locaux. Il y a deux adresses : une dans le 1er et une dans le 17ème.    
Initiatives solidaires : c’est une association qui emploie des personnes en réinsertion sociale. Ils récupèrent dans la rue des matériaux et ils fabriquent des meubles à l’aide de la récup ! Les gens sont passionnants, c’est Porte de Pantin. J’ai fait presque tous mes meubles là-bas.
Le chemin de la nature : ce sont des balades pour apprendre à découvrir les plantes comestibles, les plantes médicinales etc. 

Que fais-tu au quotidien pour être éco responsable ?

Je recycle et j’essaie de tout faire pour me rapprocher du zéro déchet.
Pour ma garde-robe, je prône le minimalisme : je ne veux que des pièces made in Europe (au plus loin) qui me vont parfaitement et qui durent.   
Chez moi, mes placards sont gorgés de légumes et fruits frais, biologiques, et de saison.
J’ai adopté des gestes pour avoir des cheveux sains donc je me lave moins les cheveux. Je prends les produits ménagers les plus simples possible : savon noir, vinaigre.  
Pour mes enfants, je fais leurs compotes, leurs gâteaux etc et je chine des jouets en bois, made in France. Pour les vêtements je les habille uniquement en seconde main et je les remets dans le circuit quand ils ne leur vont plus. On fait ça avec ma sœur et des amies et certains vêtements sont portés par 6 enfants. Ils sont encore parfaitement utilisables et en bon état. 

Une folle envie pour notre planète : si demain tu étais une super woman ou ministre de l’écologie, que ferais-tu ?

Je sortirai du système monétaire et je réinstaurerai le troc !


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