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Rencontre avec Christophe, fondateur de Baobab Home

12 mars, 2019

Rencontre avec Christophe, fondateur de Baobab Home

Cette semaine, nous faisons la rencontre de Christophe, grand curieux des temps modernes, animé par la passion du voyage et des couleurs. Il est le fondateur de Baobab, une marque de décoration éthique et durable, empreinte d’humanité. Christophe nous parle de sa vision d’une entreprise humaine et de son choix pour la bienveillance.

Quel a été votre parcours avant Baobab ?

Après un diplôme en école de commerce, j’ai commencé dans la vie active dans le domaine du prêt-à-porter textile. J’ai toujours navigué dans l’univers de la création. Ma mère était première main chez Balenciaga, mon père était cuisinier, ils m’ont transmis le goût des belles choses et la quête de la perfection. Je suis curieux de tout.

J’ai rapidement été attiré par la décoration. Je trouve que ce domaine est particulièrement intéressant car nous touchons de multiples éléments d’inspirations qui peuvent aller de la mode, du cinéma, au voyage, aux cultures et à l’histoire. Il y a quelque chose de très intime dans l’univers de la maison grâce au tissu.

Dans mon précédent métier, j’ai été amené à me déplacer en Inde pour des problèmes de production. J’en suis tombé amoureux et j’y ai passé quelques passeports ! (rires). La découverte du savoir-faire et mon amour pour les couleurs et le textile ont fait que je me suis lancé dans l’aventure Baobab.

Comment a été lancé Baobab ?

C’est une double rencontre et avant tout une histoire humaine.
D’abord ma rencontre avec Ramesh.
Ramesh est un artisan indien que je connaissais de mon précédent métier. Nous avions sympathisé et beaucoup échangé sur le métier. En parallèle, j’ai rencontré différents acteurs de la création en France qui m’ont poussé à créer ma société. Plus tard, lorsque je suis retourné en Inde, j’ai proposé à Ramesh une collaboration. Je ne voulais pas travailler avec des exportateurs mais avec de réels artisans.

Ramesh était partant pour l’aventure. Baobab est né en 1996 avec sa première collection que j’ai présenté au salon Maison & Objet. Á cette époque, on rêvait de faire travailler la famille de Ramesh et aujourd’hui c’est tout le quartier qui fonctionne autour de Baobab !

Quel est l’ADN Baobab ?

L’ADN de Baobab est marqué par la couleur, la flamboyance, l’envie et la générosité. Nous proposons un style joyeux, simple et sans prétentions. Nous véhiculons de l’énergie par la couleur où l’humain reste au centre. Baobab se veut à la portée de tous, grâce à un modèle de production en collaboration avec de petits artisans. Nous ne sommes pas de gros exportateurs, nous sommes modestes, à taille humaine.

Qu’est-ce que vous voulez transmettre à travers Baobab ?

Que l’humain est au centre de tout. Nous proposons une démarche centrée autour de l’humain, faite par l’humain et respectueuse de l’humain. Il est essentiel de se faire plaisir mais avec un produit qui a du sens et une âme. Notre démarche est sincère et authentique. Nous proposons un ailleurs, une autre façon de consommer. Le message serait “faites-vous plaisir mais interrogez-vous toujours sur ce que vous achetez”. Nous avons un vrai pouvoir économique, il faut avoir conscience que lorsque nous achetons des choses ce n’est pas innocent. Baobab est un appel à la raison en toute bienveillance. Nous sommes dans le vrai, dans la générosité (et la couleur évidemment) !

Comment sont fabriqués les produits Baobab ?

Tout commence à la Rochelle. Nous avons un bureau de trois personnes à temps plein. Nous faisons des séances de brainstorming où nous exprimons nos envies et nos croyances. Nous attachons une véritable importance à intellectualiser notre démarche, à donner une épaisseur à nos collections. L’accroche intellectuelle est essentielle pour construire des produits authentiques. Ensuite, nous construisons l’univers chromatique par thèmes et nous exprimons des souhaits de dessins. Nous faisons faire des essais à Ramesh et à partir de ces impressions, nous sélectionnons celles que nous souhaitons réaliser en prototypes de collection.

Parfois, il y a des erreurs d’exécution, car tout est fait artisanalement mais le résultat n’en est que meilleur ! Il arrive souvent que le final ne soit pas du tout ce qu’on avait demandé mais se révèle bien mieux que ce que nous avions en tête ! C’est là toute la magie de l’humain.

Sur place en Inde, nous avons une petite communauté, un vrai quartier. Je vois et je connais tous les artisans qui travaillent avec Ramesh. J’ai des liens très forts avec sa famille, je dors chez eux chaque fois que je vais là-bas. Lorsque je me réveille, j’ouvre mes volets et je suis en face de l’atelier. C’est une chance d’avoir cette proximité avec les produits et avec cette famille. J’ai vu leurs enfants grandir, j’ai mis en place des micro-crédits pour qu’ils s’achètent une voiture par exemple. Il y a une histoire, je les vois vieillir avec moi, notre attachement est très fort, nous n’avons pas construit qu’une entreprise ensemble mais une relation.

En quoi êtes-vous écoresponsable aujourd’hui ?

Baobab accompagne financièrement l’atelier de Ramesh pour assurer sa stabilité et de bonnes conditions de travail pour tous les employés. Je finance les machines, je mets en place des micro-crédits et j’assure une rémunération juste et équitable pour tous les acteurs. C’est une relation juste, de confiance, qui a du sens et empreinte de respect.

Cette conscience responsable, d’où ça vous vient ?

Mon père a été meilleur ouvrier de France en cuisine à 16 ans, c’était un des plus jeunes.

J’ai toujours vu chez moi le travail de la main, cette volonté de faire dans l’excellence, le respect du produit, le partage.

C’est aussi le fruit de l’expérience, la conscience vient avec le temps. Quand j’avais 20 ans tout allait bien, le monde était joyeux, on était dans un rêve et nous n’avions pas conscience des problèmes. A force d’observer des bêtises et de voir comment tourne le monde, j’ai développé assez de bon sens pour me questionner : est-ce que c’est ça que nous voulons pour l’humain et pour la planète ? Le temps et l’expérience nous obligent à prendre de la distance. La conscience vient aussi au fil des voyages. On dit que les voyages forment la jeunesse ; il ne faut pas sous-estimer les adages ! 

Aujourd’hui, qu’est-ce que vous faites dans votre quotidien pour être responsable ?

Je suis davantage donneur de leçon que véritable militant ! Malheureusement, je travaille beaucoup trop pour avoir le temps de m’investir dans une association. En revanche, tout ce que je fais à mon échelle c’est en pleine conscience. J’ai toujours mangé sain, avant même qu’on appelle ça “le bio” et des produits qui sortent de la terre et pas d'un emballage. J’ai simplement été élevé comme ça, j’ai toujours été sensible à l’autre - celui qui en a besoin - car j'ai toutefois une distance envers les heureux qui ne regardent pas les autres, j’aide les vieilles dames à traverser la rue par exemple. Je ne fais rien d’extraordinaire, je ne suis pas un super héros mais ce sont des gestes simples. Je ne chauffe pas chez moi à 24 degrés, je n’achète pas de surgelés, je ne prends pas trois douches par jour… Des choses simples encore une fois mais si tout le monde pouvait déjà faire ça, on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui !

Si demain vous étiez un super héros, que feriez-vous pour notre planète ?

J’éradiquerais la faim dans la monde, je pense que c’est le point de départ de toutes les injustices. La finalité de tout règne animal est au minima de vivre. Il y a beaucoup d’injustices et de combats à mener mais je règlerais celui-ci en premier, la famine est dramatique et inacceptable. 

Si votre marque était une ville, quelle serait-elle ?

Pushkar, c’est une ville sainte en Inde. Un lieu paisible, qui porte à la fois une grande mélancolie et une joie profonde ! C’est un espace de survivance que j’aime beaucoup.

Si votre marque était une musique, quelle serait-elle ? 

La musique manouche car c’est une belle musique, il y a un petit fond de jazz. Ce sont des gens du voyage et je trouve qu’il y a tout autant de force que de mélancolie dans cette musique.

Si votre marque était une icône, qui serait-elle ?

Frida Kahlo, parce que Baobab a une identité forte, nous sommes empreints de liberté et nous adorons les voyages. Pour sa position féminine aussi, sa représentation de la femme moderne.

Quel est votre produit favori, celui dont vous ne vous séparez jamais ?

Le sur futon ! Nous avons d’ailleurs été connus pour ça. Ce produit souligne notre côté bohème et nomade, il n’a pas de fonction particulière mais il est pratique, décoratif et fortement représentatif de la marque. Il vous permet de dormir par terre à tout moment d’un voyage. Chez moi, je le roule et je m’en sers d’appui tête lorsque je lis ou quand j’écoute de la musique. C’est un produit qui nous a toujours suivi, qui cadence nos collections car c’est un exercice auquel on ne déroge pas.

Le jour où vous avez eu la plus grande joie avec Baobab ? 

C’était il y a 4 ans, au salon Maison & Objet, nous avions le plus grand stand que nous n’avions jamais eu, fruit de la réussite et des belles années de Baobab. C’était l’aboutissement d’un long travail qu’on avait mené, il fallait mériter d’être là ! Ce fut également très touchant car c’était la première fois que Ramesh était présent, on avait financé son billet d’avion pour qu’il puisse venir en France. Il n’était jamais sorti d’Inde. C’était un grand moment.

Qu’est ce vous imaginez pour Baobab à moyen terme ?

J’aimerais ouvrir des magasins en dehors de la France. Pour ce que ça représente, pour faire voyager nos produits, ce serait la fin de la boucle.


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