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Rencontre avec Gwendoline, fondatrice de Coco Frio

16 avril, 2019

Rencontre avec Gwendoline, fondatrice de Coco Frio

Cette semaine, nous rencontrons Gwendoline, la créatrice des maillots de bain élégants et éthiques Coco Frio. Elle nous parle de son parcours et de son choix pour une production raisonnée respectant l’environnement et plus spécifiquement les océans. La marque utilise l’Econyl dans ses maillots de bain, une matière réalisée à partir de débris plastiques repêchés de l’océan.

Ton parcours avant Coco Frio ?

J’ai toujours été passionné par la mode. À 13 ans je rêvais déjà d’être styliste et je m’amusais à faire mes premiers défilés de mode avec mes cousins pendant mes vacances en Italie. Ma passion s'est développé sans que je ne perde de vue mon objectif.

Après le bac, j'ai fait une école d’arts appliqués à Paris puis une licence professionnelle en stylisme de mode. J'ai commencé mon expérience dans l’atelier de haute couture du créateur Giambattista Valli. La grande couture était un rêve et en plus je pouvais parler italien ! J’y suis restée presque trois ans en tant que coordinatrice de collections. C’était une expérience très formatrice, très riche et intense, j’y ai tout appris. J’ai vu des choses fabuleuses et j’ai travaillé sur des créations d’exception.

Le goût de l’entrepreneuriat ne m’a toutefois pas quitté. C’est pendant l’été 2015, sur une plage en Sicile que l’idée de Coco Frio m'est venue. J’étais sur un beau drap de plage que m’avait offert ma marraine et en le contemplant, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire ! Des beaux maillots, des beaux draps de plage, une marque qui porte en elle le goût de l’été, la joie des vacances, la douceur de la plage... En rentrant de vacances, je me suis renseignée sur les différentes étapes pour créer une entreprise et j'ai quitté la maison Valli au début de l’année 2016 pour me lancer pleinement dans l’aventure Coco Frio.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour lancer Coco Frio ?

En mars, lorsque je suis partie de chez Valli, j’ai suivi une formation pour la création d’entreprise avec Pôle Emploi. Ils m’ont aidé à créer mon business plan, j’ai eu divers ateliers avec des experts, ça m’a permis d’avancer rapidement et d’être encadrée pour travailler sur mon concept. Ensuite, je suis partie à la recherche d’un fournisseur. Je savais que je voulais faire mes maillots avec la matière Econyl, un fil de nylon recyclé à partir des débris plastiques repêchés de l’océan. Il était important pour moi d’avoir une démarche éco-responsable.

J’ai visité trois ateliers en Italie et j’ai choisi celui qui me semblait le mieux. Malheureusement, ça a vite tourné à la catastrophe… Ils n’en faisaient qu’à leur tête, ils voulaient gérer le développement du produit sans prendre en compte mes besoins. L’atelier s’est avéré être en faillite et ils me proposaient des prix exorbitants pour fabriquer mes maillots. J’ai arrêté de travailler avec eux en décembre, alors que ma collection devait sortir en mars. C’était la panique mais je préférais prendre du retard dans mon lancement plutôt que d’avoir des produits qui ne correspondaient pas à mon idée de départ. Je ne voulais pas transiger sur la qualité et le design des maillots. J’ai trouvé ensuite un nouvel atelier mais j’ai perdu beaucoup de temps et la collection n’a pu sortir que fin juillet. C’était presque la fin de l’été et je n’ai pas pu faire le lancement que j’espérais.  J’ai donc fait un vrai lancement l’année d’après avec cette même collection. Avec du recul, ça m’a permis de peaufiner mes modèles et d’avoir un projet vraiment en phase avec mes valeurs !   

Quelle est ta mission à travers Coco Frio ?

Coco Frio, c’est un hommage aux femmes : indépendantes, élégantes, audacieuses, sûres d’elles et qui prennent leur vie en main. C’est une volonté de créer des maillots de bain à la fois élégants et confortables dans lesquels elles se sentent à l’aise. Enrichie de mon expérience dans les maisons de haute couture qui m’ont appris l’importance de la précision, de l’artisanat et du respect des matières, Coco Frio met un point d’honneur à proposer des maillots de bain aux coupes et finitions parfaites.

Aussi, je voulais une marque qui porte mes valeurs et qui ait  un côté éco-responsable. Avec l’Econyl je peux réaliser cette mission. Il y a une contre-partie concrète : la dépollution et la sauvegarde des océans. Avec l’Econyl, je n’ai pas à produire de nouvelles matières, j’utilise ce qui existe déjà, c’est une action qui a de l’impact. Je suis une petite goutte dans l’océan mais c’est déjà ça !

Quel est le trait de caractère, le petit plus propre à vos produits ?

Il y a un côté ludique que j’ai toujours eu dans mes créations. Par exemple, le fait que les maillots soient réversibles, la présence de petits noeuds amovibles etc. On peut jouer avec son maillot et c’est ça qui me plaît ! Bien sûr, il y a aussi la valeur ajoutée du tissu qui est recyclé.

En quoi êtes vous éco-responsable aujourd’hui ?

Je suis éco-responsable par mon choix de matière mais également au travers de ma production. L’atelier est en Italie et le fournisseur de tissu aussi. Je fais également attention aux emballages en utilisant des pochons en tissu et non des boîtes en carton.

Cette conscience responsable, d’où cela vous vient ?

C’est l’héritage de la dolce vita ! Un profond sens de la famille et du respect d’autrui. Mes grands-parents imprègnent Coco Frio. Ils m’ont transmis l’importance de profiter de la vie, de se réjouir des bonheurs quotidien, de faire attention à ce qui nous entoure, à soi et aux autres. Lorsque j’ai créé Coco Frio et que j’ai découvert l’Econyl, je me suis dit que je ne pouvais pas faire sans !

Quel est le processus de fabrication des produits ?

Je commence par faire mes dessins que je transmets ensuite à l’atelier. On travaille sur des prototypes, je leur fait parvenir les tissus imprimés et je réalise les fiches techniques. Ensuite, ils me livrent ma production, ça arrive chez mes parents et j’étiquette tout à la main ! J’ai de la chance d’avoir une famille et des amis qui m’aident beaucoup. Coco Frio a un esprit très familial : mes copines posent pour moi, elles viennent m’aider pendant mes pop-up, mon père fait les meubles pour mon showroom et ma mère m’aide avec les colis !

Si votre marque était une ville, quelle serait-elle ?

Une ville d’Italie bien sûr !

Si votre marque était une musique, quelle serait-elle ? 

Une musique de Cesaria Evora.

Si votre marque était une icône, qui serait-elle ?

Monica Vitti, une actrice italienne qui m’inspire beaucoup.

Quel est votre produit favoris, celui dont vous ne vous séparez jamais ?

Le top Cefalu: je l’ai mis cet été, je l’adore parce qu’il a un petit effet push up et il va à tout le monde. Ma culotte préférée est la Salina, j’aime bien son effet taille haute rétro.

Le jour où vous avez eu la plus grande joie ? 

A chaque fois que j’ai une commande je saute partout ! (rires)

J’ai surtout été très émue quand j’ai su que le printemps me prenait pour cette saison, je suis sortie du rendez-vous et j’ai pleuré de joie ! J’avais passé tout le mois de septembre à appeler des boutiques sans avoir de réponses. Alors quand j’ai eu ce retour positif, je me suis dit “Ça y est, ENFIN !”

Que diriez-vous à quelqu’un qui souhaite se mettre à la mode éthique ?  

La mode éthique est en train de bien évoluer, l’offre est de plus en plus moderne. C’est réjouissant de voir qu’il y a une nouvelle génération de créateurs prête à changer les choses. J’estime qu’aujourd’hui on ne peut plus fermer les yeux, nous sommes au courant et on connaît les solutions à mettre en place ! Evidemment, chacun doit le faire à son échelle mais dès qu’on peut et qu’on a les moyens de faire autrement, je considère qu’il ne faut plus hésiter. 

Mon conseil : ne pas avoir peur de se mettre à la mode éthique ! Oui le prix peut faire peur mais c’est une question de perspective, on achète un vêtement plus cher mais qui durera beaucoup plus longtemps. Acheter moins mais mieux. Il faut comprendre ce qu’il y a derrière un prix. Aujourd’hui les gens sont choqués parce qu’ils trouvent que la mode éthique est trop chère, alors que ce qui est choquant c’est justement d’avoir accès à du textile à des prix aussi bas. Il y a forcément quelqu’un qui en paye le prix au bout de la chaîne…

Que diriez-vous à quelqu’un qui souhaite se mettre à l’entrepreneuriat ? 

Il ne faut pas être trop pressé pour bien faire les choses. Comme moi, on peut rater une saison pour être sûr(e) d’avoir un produit abouti. Il faut prendre son temps, bien s’entourer, ne pas rester dans son coin car l’entraide est essentielle. 

Si comme Coco Frio, vous souhaitez dire adieu au plastique et protéger l'environnement, découvrez notre article sur comment en finir avec le plastique.


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